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Lettre d’information // Février 2016

Un drôle de monde…

Dernièrement je lisais un article de presse sur la délibération du Conseil Départemental du Haut-Rhin assujettissant le RSA à quelques heures de bénévolat pour ses allocataires. Ma lecture fut interrompue à deux fois par des  fenêtres publicitaires vantant la consommation de steak haché, puis les bijoux en or à offrir pour la Saint Valentin. Nous vivons dans un drôle de monde.

Au sujet de ce bénévolat obligatoire (un non-sens sémantique en premier lieu), le discours politique se base sur le soi-disant bon sens et la stigmatisation des personnes sans emploi. En-dehors du fait que la mise en place d’un tel dispositif ignore totalement l’adéquation entre des besoins et des compétences et donnerait lieu à une (nouvelle) usine à gaz dont nous nous passerions bien, cette proposition est pour moi inenvisageable simplement pour des questions de sens, de droit et de dignité.
Ce sont encore les plus faibles et les plus fragiles qui vont pâtir de décisions prises en haut lieu, sur des intérêts très différents de l’intérêt public.

A l’échelle européenne et mondiale, je suis frappé par le même genre d’absence de logique et d’analyse des liens de causalité. L’arrivée massive de migrants venus du Proche-Orient, d’Afrique Subsaharienne, d’Asie, affole les dirigeants des pays européens et leurs populations. D’un autre côté, l’Allemagne, la France, se félicitent de la croissance de leur industrie de l’armement. L’industriel Safran vient de publier des résultats records en 2015 ; les actionnaires se frottent les mains. Mais qui fait le lien avec les flots de réfugiés ?

J’ai tendance à croire que les décideurs, les dirigeants, ne manquent ni de logique ni d’analyse. Sauf que leur logique n’est pas celle qui favoriserait le développement juste et apaisé des sociétés humaines.

Localement…

APPUIS (et nos partenaires associatifs œuvrant dans les mêmes champs de l’exclusion) est directement impactée par les politiques publiques. Y compris quand celles-ci, pour des motifs divers et variés, font des choix dont le but n’est pas non plus le développement de la justice et de l’équité parmi la population. Pour preuve les questions touchant le RSA ; dans le Bas-Rhin, la suppression des subventions destinées à l’hébergement d’urgence ; dans le Haut-Rhin encore, la baisse brutale et massive des sommes mises à disposition du Fonds de solidarité logement.
Il est vrai que les décideurs politiques peuvent s’appuyer sur un raidissement de l’opinion publique, devenant de plus en plus intolérante et xénophobe.

A APPUIS, nous aurons à faire preuve d’intelligence et d’imagination pour résister et continuer à exercer nos actions à l’aune de nos valeurs humanitaires.

Justement…

Nos valeurs humanitaires étaient formalisées au travers du Projet associatif, sa dernière mise à jour datant de 2010. Cinq ans après, il est temps d’en vérifier la pertinence et la cohérence dans ce monde encore plus instable, plus imprévisible et plus dur. Temps également de redéfinir les orientations, préciser des nouvelles pistes d’action et de développement, afin de continuer à pallier aux méfaits de la société sur les plus fragiles.

C’est pourquoi, samedi dernier, les administrateurs ont lancé la démarche de révision du Projet. Tout au long d’une journée de travail, nous avons, dans une dynamique collective, dégagé les pistes pour poser les fondamentaux de l’identité d’APPUIS pour les cinq années prochaines.

Le travail ne fait que commencer, un incontournable étant la participation de l’ensemble des acteurs : les bénévoles, les salariés, les personnes accompagnées.

Plus concrètement encore…

On en parle peu, mais c’est une évidence : il ne sert à rien de réclamer la justice et l’équité pour les humains, si par ailleurs nous détruisons la Terre qui les fait vivre (ce que nous sommes en train de faire).
APPUIS comme tout un chacun doit intégrer cette évidence dans chacune de ses actions pour changer nos regards et nos comportements.

C’est commencé :

  • Début février, formation d’une quarantaine de personnes à la prise de conscience et aux gestes individuels à faire pour une sobriété et une efficacité énergétique.
  • Pour les déplacements professionnels, remplacement progressif de véhicules à essence ou diesel par des véhicules électriques.
  • Mise en place de l’action « Eco-Logis », appartement pédagogique, avec des partenaires (Mulhouse Habitat, Alter Alsace Energie).

Je nous souhaite à toutes et tous, bon courage.

André Schaeffer, président d’APPUIS