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Lettre d’information // Octobre 2014

Pourquoi APPUIS se réorganise

Cette réorganisation n’est pas un but en soi ; c’est un levier pour permettre à l’association de maintenir voire de développer son projet dans le contexte de crise économique et sociale, crise qui ne me semble pas près de se résoudre.
Très matériellement, la crise économique se traduit par une diminution des financements publics, l’Etat et les Collectivités locales cherchant à juste titre à optimiser leurs dépenses.

Dans le même temps la société évolue et pas dans le bon sens d’après moi : la pauvreté et les inégalités croissent aussi en France, les instances européennes ont fait le choix de la défense des capitaux plutôt que celle des citoyens et le monde entier est en train de plonger dans l’inhumanité en oubliant en chemin toutes les leçons que l’histoire pourtant met à notre disposition.
A dix ans, j’avais peur des volcans, de la guerre et de la bombe atomique. A quarante ans, j’ai réglé la question des volcans et j’ai cru les menaces d’origine humaine disparues. Je croyais, à cinquante ans, ne plus jamais revoir la famine en Ethiopie ou ailleurs, la guerre aux portes de l’Europe ou ailleurs, les discriminations raciales ou religieuses en Palestine ou ailleurs, les massacres en Afrique ou ailleurs.
A soixante-cinq ans passés, je dois déchanter de presque tout. Sans compter la fonte des glaciers et la montée du niveau des océans.

Alors, rester les bras croisés, se laisser anesthésier par les insidieuses et indolores armes de destruction massive que sont les séries et les débats télévisés, les boissons gazeuses sucrées, les derniers gadgets électroniques ? Certains le peuvent, pas moi. Et pas non plus toutes les personnes engagées encore et toujours dans ce qu’on appelle l’action sociale ; que j’appellerais personnellement la réaction sociale.

Notre engagement à APPUIS fait partie de cette réaction. Bien sûr on ne va pas changer le monde, mais comme disaient les participants au premier Sommet de la Terre en 1972 : penser global, agir local, c’est comme cela que les choses bougeront. Quarante ans après, il est plus que temps de bouger.

J’en reviens donc à la réorganisation, un des outils qui permettra à APPUIS de mieux faire entendre sa voix dans la lutte pour remettre l’humain au centre des activités et des décisions politiques. D’autres leviers seront actionnés : le développement de l’innovation sociale, ou encore le décloisonnement des actions pour aborder l’être humain dans sa globalité et non en le saucissonnant en tranches technocratiques.

Concrètement, cette réorganisation passe, entre autres, par la fusion administrative des deux CHRS (Colmar et Mulhouse), le renforcement du pôle Logement, le rattachement des activités SIR 68 – accompagnement des réfugiés et régularisés au pôle Asile, la création d’un pôle formation. Une à deux années seront nécessaires pour mettre en place ces actions, en y associant l’ensemble des parties concernées : salariés, administrateurs, partenaires associatifs et autorité publique.

J’aurai régulièrement l’occasion, dans cette lettre, d’y revenir. Et voici quelques autres informations :

Le pôle formation se met en mouvement

Les 17 et 18 novembre prochains, en partenariat avec l’UNAFO et la FONDATION ABBE PIERRE, APPUIS animera une formation intitulée «  Accueillir sans conditions un public en situation de grande précarité ». Cette formation s’adresse à des professionnels du travail social qui interviennent, comme SURSO à Mulhouse, dans le cadre des Boutiques de la Solidarité. Il s’agira de renforcer les connaissances et les compétences relationnelles de ces professionnels qui accompagnent des personnes en situation d’exclusion sociale.
Il s’agit également d’accompagner et de nourrir un travail de réflexion éthique et déontologique sur les finalités et les fondements du travail social d’accueil « inconditionnel » de personnes en situation de grande précarité.

Au CHRS Espoir à Mulhouse, démarrage du GROUPE JEUNES

Après deux années d’expérimentation dans l’accueil et l’accompagnement social renforcé des jeunes majeurs de 18 à 21 ans, le service de l’aide sociale à l’enfance s’est engagé à  nos côtés. En effet, depuis le 1er septembre 2014, un partenariat a été contractualisé, et un financement accordé pour la création de cinq places sur site. Ce dispositif « Groupe Jeunes » a pour objectif de permettre aux jeunes majeurs les plus en difficultés, d’acquérir les fondamentaux de l’autonomie nécessaires à leur insertion sociale et professionnelle.

Evaluation externe : un premier retour au CHRS Espoir

En conformité avec la loi de 2002 rénovant l’action sociale, l’évaluation externe du CHRS Espoir s’est déroulée les 15 et 16 octobre 2014. Des résidents, les professionnels, ainsi que de multiples partenaires, dont la Mairie de Mulhouse, le Conseil Général, le SPIP, le CIDF, Espace Développement, Habitat de Haute Alsace, l’Equipe Mobile de psychiatrie, l’ISSM ont contribué au bon déroulement de la démarche. Les évaluateurs ont remercié les équipes rencontrées et ont précisé que le service répond globalement de façon satisfaisante aux critères attendus. Ils nous remettront prochainement leur rapport avec des préconisations et axes de travail visant à l’amélioration de la qualité de nos actions.