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Presse : Santé mentale : les professionnels à la rencontre des jeunes et des SDF


Les acteurs du comité local de la santé mentale de Colmar Agglo ont organisé une journée dédiée à la santé mentale. Photos DNA /Nicolas PINOT

Un camping-car pour les sans domicile fixe, des psychologues qui écoutent les jeunes au pied des immeubles ou dans les centres sociaux : depuis 2022, les acteurs de la santé mentale sur le territoire de Colmar Agglo tentent de se rapprocher des publics qui en ont le plus besoin.


Le Covid et ses avatars ont durement touché le mental des Français et particulièrement les plus jeunes. À l’heure où la psychiatrie est à la peine , faute de médecins ou d’infirmiers, des actions concrètes sont menées pour tenter de rapprocher les publics les plus fragiles de l’aide qu’ils n’osent souvent pas demander.

« Dans toutes les écoles, on retrouve des adresses ou des numéros de centres d’écoute, mais les jeunes ont beaucoup de mal à faire la démarche. On voit que si un psychologue se déplace auprès d’eux, le dialogue se fait naturellement et certaines souffrances peuvent se régler par le simple fait de pouvoir en parler. Et si la problématique est plus lourde, le psychologue peut réorienter le jeune vers la bonne personne ». Magali Berger est conseillère municipale à Horbourg-Wihr et membre du centre communal d’action sociale (CCAS) de cette commune péri-urbaine. Elle siège également au sein du conseil local de la santé mentale (CLSM) de Colmar Agglo, qui regroupe les élus des 22 communes et une myriade de structures et de personnes concernées de près ou de loin par la santé mentale. Lors des réunions trimestrielles, ces acteurs échangent et mettent en commun leurs idées et leur expérience pour tenter d’améliorer la prise en charge de la population locale.


Parmi les acteurs du CLSM de Colmar Agglo, le Groupe d’entraide Mutuelle (Gem) de Colmar, présent lors de la journée « Ma santé mentale, j’en prends soin » au Koïfhus fin mars. Photo DNA /Nicolas PINOT

Parmi les acteurs du CLSM de Colmar Agglo, le Groupe d’entraide Mutuelle (Gem) de Colmar, présent lors de la journée « Ma santé mentale, j’en prends soin » au Koïfhus fin mars. Photo DNA /Nicolas PINOT


Souffrance des villes, souffrance des campagnes

L’un des projets pilotes menés l’an passé à Colmar a donné des idées à l’élue de Horbourg-Wihr. « Cela a démarré pendant l’été. Un psychologue et un éducateur sont allés à la rencontre des jeunes au bas des immeubles des quartiers prioritaires de Colmar pour discuter. Il y a eu tellement de demandes qu’ensuite ils ont mis en place des permanences dans les quartiers. Les jeunes y viennent parfois accompagnés d’un parent, d’un frère ou d’une sœur » raconte l’élue locale, qui a voulu importer l’expérience dans son village. « Il n’y a pas que dans les quartiers prioritaires qu’il y a de la souffrance. Ce n’est pas parce qu’on est dans un village qu’il n’y a pas de problèmes ». En novembre dernier, le dispositif colmarien a été testé à Horbourg-Wihr : cette fois-ci un psychologue a tout simplement rejoint la quinzaine de jeunes du village qui se réunissent dans le local de l’association Planète Récré. « Les jeunes ont pu soumettre les problèmes qu’ils rencontraient dans leur vie personnelle ou scolaire. Les retours du psychologue ont été tellement positifs qu’on va voir avec l’association si on peut continuer ces rencontres sur un an, à partir de la rentrée de septembre ».


Un comité local relancé en 2022


Les comités locaux de santé mentale (CLSM) existent depuis des années, mais ils ont été relancés dans le Haut-Rhin à la faveur de la signature du contrat territorial de la santé mentale entre l’ARS et la communauté psychiatrique de territoire en 2022. Actuellement, huit CLSM sont dits « actifs » dans le Haut-Rhin.

Celui de Colmar Agglo a été remanié à l’initiative de sa nouvelle présidente, Nathalie Prunier. « J’étais membre de l’ancien CLSM en tant que présidente de Schizo Espoir mais il y avait 68 communes ce n’était pas gérable » se souvient l’actuelle adjointe au maire de Colmar chargée des Solidarités. Après le Covid, j’ai voulu le réactiver avec des associations de terrain. On a réduit son périmètre à la vingtaine de communes de Colmar Agglo et nous avons défini des groupes de travail autour de trois thématiques : la précarité avec le projet de l’association Appuis, les adolescents avec le projet « Aller vers » dans les quartiers prioritaires et la Mob’, et les enfants ».

Le comité de pilotage, qui regroupe une dizaine d’acteurs locaux de la santé et de la précarité ainsi que des élus de Colmar Agglo, se réunit une fois par trimestre. Les groupes de travail travaillent en autonomie et se réunissent en fonction des besoins locaux.


Une unité mobile pour la psychiatrie infantile

Dans ce même esprit d’« aller vers » les ados, une équipe mobile a été créée en octobre 2022 par le service de psychiatrie infanto-juvénile des Hôpitaux civils de Colmar. Baptisé la Mob’, ce nouveau dispositif vise « les ados en rupture et en refus de soins » détaille le docteur Sarah Rabaud, médecin référent pour la Mob’. Il ne s’agit pas de soins de première ligne mais plutôt d’aller vers un jeune « qui décroche et ne va pas à son premier rendez-vous » par exemple.


Parmi les acteurs du CLSM de Colmar Agglo, le Groupe d’entraide Mutuelle (Gem) de Colmar, présent lors de la journée « Ma santé mentale, j’en prends soin » au Koïfhus fin mars. Photo DNA /Nicolas PINOT

L’association Appuis a acheté un camping-car pour rapprocher les soins des sans domicile fixe à Colmar. DR


Un autre projet pilote du CLSM de Colmar Agglo vise les sans domicile fixe, notoirement éloignés du soin, qu’il soit mental ou physique. Une équipe mobile de l’association Appui s, composée de travailleurs sociaux, d’infirmières et d’un psychologue, ira à la rencontre des SDF lors de maraudes en camping-car sur les lieux de squat ou dans des endroits stratégiques comme les abris de nuit et hébergements d’urgence… En plus de permettre d’offrir des soins en mobilité, la formule en camping-car permettra des « plus » comme proposer une douche, un café ou une collation, de traiter les points administratifs avec du matériel adapté embarqué comme les ordinateurs portables et deux imprimantes.



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